
Quand les couleurs nous jouent
des tours :
Forme la plus fréquente de la dyschromatopsie (trouble
de la vision des couleurs), le daltonisme est une anomalie de
la vue qui se caractérise par l'absence de perception
des couleurs ou incapacité à différencier
certaines teintes ou couleurs.
Ce trouble de la vision est connu depuis le 18e siècle,
du nom du physicien anglais John Dalton, atteint de ce type
de «cécité des couleurs» et diagnostiqué
par le médecin anglais Thomas Young. John Dalton souffrait
de la forme la plus courante, soit l'absence de distinction
entre le rouge et le vert. La confusion entre le jaune et le
bleu est beaucoup plus rare. Encore plus rare est l'incapacité
complète à distinguer les couleurs qui sont alors
perçues comme une teinte de gris. Ce trouble est appelé
monochromatisme.
Le daltonisme «rouge-vert» touche une plus grande
proportion d'hommes que de femmes. Ce trouble affecte 8 % des
garçons à différents degrés, contre
seulement 0,5 % des femmes. Toutefois, le daltonisme «bleu»
se rencontre avec la même fréquence dans les deux
sexes, soit chez une personne sur cent. Le daltonisme est généralement
héréditaire ou causé par une altération
du nerf optique résultant d'autres maladies (par exemple,
la sclérose en plaques ou le diabète) ou d'une
intoxication alcool-tabac.
test de dépistage du
daltonisme
Table pseudoisochromatique d'Ishihara
 
Vous devez voir des numéros dans les 2 figures ci-dessous
! Dans le cas contraire vous êtes porteur d'une dyschromatopsie
(anomalie de la vision des couleurs, qui se retrouve chez 8%
des garçons). Ces tests, sur internet, n'ont aucune valeur
scientifique. Pour un dépistage complet du daltonisme,
consultez votre ophtalmologiste.
Causes
Le daltonisme résulte d'un mauvais fonctionnement de
la rétine (la partie de l'il qui convertit la lumière
en énergie électrique et qui la transmet au cerveau).
La conversion est effectuée par quatre types de photorécepteurs
: les cônes «rouges», «verts»,
«bleus» et les bâtonnets. Les cellules de
ces photorécepteurs sont sensibles aux pigments de couleurs.
Si l'une d 'elles fonctionne mal ou est insensible à
un pigment de couleur, elle ne conduira pas le «message»
correctement au cerveau, qui ne décodera pas la couleur.
Le daltonisme héréditaire s'explique par la présence
d'un gène anormal sur le chromosome X. Chez la femme,
qui possède deux chromosomes X, la présence d'un
gène anormal sur l'un est le plus souvent compensée
par un gène normal sur le second. Elle peut donc être
porteuse du gène du daltonisme et le transmettre à
ses enfants, sans pour autant être atteinte de ce trouble.
Chez l'homme, qui possède un chromosome X et un chromosome
Y, le gène anormal transmis génétiquement
ne peut être compensé. C'est pourquoi ce trouble
affecte généralement des 'hommes.
Symptômes
et signes
Selon le type de trouble dont il est atteint, le daltonien
ne perçoit pas certaines couleurs ou éprouve
de la difficulté à distinguer certaines d'entre
elles.
Certains daltoniens dits «dyschromates» ne perçoivent
que deux couleurs. Par exemple, ils distinguent en jaune les
couleurs de la palette allant du vert au rouge, et perçoivent
toutes les autres couleurs comme une teinte de gris.
Traitements
Le daltonisme est invariable au cours de l'existence, c'est-à-dire
que ce trouble ne peut ni s'aggraver ni se résorber.
Il n'est pas signe avant-coureur de cécité ou
autre déficience. Ses effets ne sont pas sévères
et ne détruisent pas la qualité de vie des personnes
atteintes, qui arrivent à compenser l'absence de perception
des couleurs en développant leur propre système
de référence, par exemple en associant telle
teinte de gris, telle brillance ou telle forme à la
couleur qu'elles n'arrivent pas à distinguer.
À ce jour, aucun produit ni traitement ne peut corriger
de façon définitive le daltonisme.Cependant,
la lentille X-Chrom, qui suscite encore toutefois la controverse,
permet à certains daltoniens de mieux interpréter
les contrastes afin de mieux identifier les couleurs, sans
toutefois leur permettre de les percevoir correctement |